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Enseignement supérieur en bourgogne
Etudiants-enseignants-chercheurs : la grève est votée


La réforme de l'université et du statut des enseignants provoque à Dijon, comme en France, un mouvement de protestation.

Cela grogne à la fac. Les assemblées générales se multiplient, les harangues et prises de position aussi. Que se passe-t-il donc à l'université de Bourgogne ? La même chose qu'un peu partout en France. Les enseignants-chercheurs contestent le statut qui leur est proposé au plan national ; certains étudiants, et notamment ceux qui envisagent une carrière universitaire, sont inquiets pour leur avenir et ont voté la grève. D'autres s'inquiètent des cours qui vont ne pas avoir lieu ou des notes qui ne seront pas données… une nouvelle fois la France a mal à ses facs, et cette fois-ci au moins à Dijon la révolte touche des gens très différents.
Des enseignants inquiets
« Enseignants, BIATOSS, enseignants-chercheurs - bref tous ceux qui travaillent dans le cadre de l'université d'une façon ou d'une autre - sont réunis au sein d'un comité de mobilisation. « Syndiqués et non syndiqués, associations, syndicats, mouvements… le comité est très large et très ouvert », précise son porte-parole. Un propos conforté par Mac Neveu, du SNE Sup, qui évoque « une convergence de vue de l'ensemble des personnels ». Cette mobilisation semblait effective hier à Dijon où l'amphithéâtre Platon était plein lors de l'assemblée générale plénière, et marque une opposition affirmée à deux réformes qui découlent de la loi : d'une part la « masteurisation » - il faudrait désormais avoir un master2 (bac + 5) pour passer le concours ouvrant accès à l'enseignement - d'autre part, la modification annoncée du statut des enseignants chercheurs, actuellement travaillant à mi-temps dans chaque discipline, et qui pourraient être contraints à davantage d'enseignement, donc moins de recherche. Le représentant du SNE Sup parle d'un « détricotage voulu », « d'une dissociation du lien entre enseignant et chercheur ».
Un débat rendu possible
Ce bras de fer avec le gouvernement, une partie des étudiants s'y est joint : une assemblée générale votait la grève en début d'après-midi, hier, et créait trois commissions de travail. Les étudiants dijonnais eux aussi enverront deux représentants à Paris le 11 février.
Face à cette agitation, l'université de Bourgogne tente de tempérer les choses. Sophie Bejean, la présidente, rappelait à cet égard dans un communiqué qu'elle avait « souhaité permettre à l'ensemble de la communauté universitaire de participer à une matinée de débats hier mardi. Et qu'elle rappelait ainsi son attachement aux conditions de l'exercice du débat démocratique au sein de la communauté universitaire », tout en annonçant qu'elle veillerait « à ce que le mouvement ne pénalise en aucun cas les étudiants ». Une position qui ne suffisait en tout cas pas à rassurer les étudiants de l'UNI, qui dénonçaient dans ces réunions un mouvement « avant tout politique ». « Ça ne concerne pas les étudiants, ce sont les syndicats enseignants qui confondent tout pour former un mouvement de contestation du gouvernement », dénonçait le responsable pour l'académie de Dijon du mouvement.

Une université pour tous

Autre pierre d'achoppement, le financement de l'université : « une quinzaine d'établissements préciblés recevra des aides financières spécifiques, et les autres… risquent de devenir à terme des « collèges universitaires », s'arrêtant à la licence », explique cet enseignant chargé de cours. Car la recherche coûte cher. Et l'enseignant ajoute : « Cela pose le problème de l'accessibilité de tous à l'enseignement public », expliquant qu'en Bourgogne la décentralisation sur Montceau-les-Mines-Le Creusot par exemple a ouvert de nouvelles possibilités. « Ce que nous souhaitons, c'est une université publique qui permette au plus grand nombre d'accéder à l'enseignement supérieur ». Et il conclut « Ce que nous souhaitons, ce n'est pas la confrontation pour la confrontation, mais que le ministre nous entende. Il y a des tas de questions que nous sommes prêts à discuter, mais encore faut-il parler ».
J. REMY
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