Alors que le gouvernement multiplie les concertations, l’UNI regrette l’opposition stérile de la gauche universitaire
Le premier ministre, François Fillon, a rappelé aujourd’hui que le temps était à la concertation, aussi bien sur la rédaction du décret concernant le statut des enseignants-chercheurs, que sur les moyens humains disponibles pour améliorer l’encadrement des étudiants de licence (recours aux professeurs agrégés du secondaire, non suppression de poste d’enseignants-chercheurs en 2010 et 2011.)
L’UNI regrette que dans ce contexte la gauche et l’extrême-gauche universitaires préfèrent boycotter ces discussions pour poursuivre leur opposition politicienne au gouvernement. La coordination nationale des universités qui s’est réunie à Nanterre vendredi 20 février tente ainsi de réanimer le mouvement en le radicalisant et en multipliant les revendications les plus farfelues : du retrait du projet de décret « enseignants-chercheurs », à celui de la réforme de la masterisation, en passant par le retrait du « contrat doctoral » et même de la loi sur les libertés et responsabilités des universités - LRU (alors que cette dernière est appliquée depuis le 1er janvier 2009 dans 20 universités).
Une coordination plus politique que représentative
Cette coordination nationale n’est pas représentative du monde universitaire. Ses représentants sont « élus » dans des simulacres d’assemblées générales. Ces « AG » sont contrôlées du début à la fin par les militants des syndicats de gauche et d’extrême gauche (UNEF, SNESUP, FSE, NPA, Sauvons l’université…), que ce soit pour la prise de parole ou les thèmes abordés. Les étudiants de l’UNI sont régulièrement conspués lorsqu’ils y prennent la parole, et y sont même désormais interdits d’accès, ce qui montre un esprit de démocratie très relatif…
Par ailleurs, le nombre de participants dans ces « AG » apparaît en baisse au fur et à mesure que le mouvement se radicalise et se politise. En quoi 200 personnes sont-elles représentatives d’une université de 27 000 étudiants ?
Le double-jeu de l’UNEF
L’UNEF (proche du PS), présente à la coordination nationale de ce week-end (réunie à Nanterre), joue un double-jeu : alors qu’elle participe à toutes les concertations ministérielles sur les différentes réformes lancées par Valérie Pécresse, et qu’elle a négocié et validé la mise en œuvre de loi LRU en 2007, elle fait semblant d’oublier qu’elle a été partie prenante dans son élaboration.
Par un opportunisme politique auquel elle nous a habitué, l’UNEF tente de récupérer une partie de ce mouvement, quitte à renier aujourd’hui ses engagements et ses prises de position d’hier.
Notes
* L’UNI dénonce depuis plusieurs semaines le fonctionnement des assemblées générales. Une campagne intitulée « Mensonges, manipulation, bienvenue en AG » a été lancée début février.